mercredi, 26 novembre 2008

ON MARCHE À L’ENVERS : DEMANDONS L’ABOLITION DE LA REDEVANCE

On comprend aujourd’hui le combat des personnels de télévision qui tentent de préserver leur boulot. Mais globalement, il en est un peu comme la grève du Parisien Libéré en 1976, où le livre-GCT luttait avec acharnement pour sauver le Parisien… un journal poujadiste. On se posait des questions.
Il est prouvé que la télévision de service public est galvaudée et qu’elle ne sert depuis des lustres que des intérêts particuliers, comme ses consœurs du privé, et peu l’intérêt général. Alors à quoi bon ce service public de télévision ? Soyons logique,…


…laissons tomber ce qui n’est qu’un service à des fins privées et personnelles de toute façon, qui doit être financé par le privé. Vendons tout. Et demandons l’abolition de la redevance.

Ce raisonnement est tout à fait à gauche. Ça tombe sous le sens. C’est la question de l’intérêt général et de la répartition équitable des finances publiques. Équitable entre qui ? La télévision sert-elle ceux qui la regardent ou bien ceux qui la font ? La réponse est donnée depuis longtemps. (voir aussi ma tribune du 21 août « La télé se meurt »)

Et puis dame ! avec la suppression de la redevance, le pouvoir d’achat s’en ressentirait de 116 euros en plus, dans les catégories aux revenus les plus bas, qui sont les plus nombreuses devant le poste. Adieu la redevance. Mais cela n’est pas le principal.

Ne serait-il pas naturel qu’un organe décrié qui sert en réalité les intérêts du privé, trouve ses 4 ou 5 milliards de fonctionnement plutôt dans les 100 milliards de bénéfices des entreprises du CAC 40 ? (Même avec la crise, il y a encore de la marge).
Oui, chacun dans son près. D’un côté le commerce à tout crin, la promotion, la télévision. De l’autre, le contenu, la connaissance, les ressources, notre éducation et création comme priorité, en vidéo à la demande, sur internet, au cinéma, et au spectacle vivant ou comme d’usage au théâtre ou avec le livre…

Pour la télévision, il paraît inenvisageable d’améliorer et de sauver, un média qui a été trop loin vers un populisme. Pourquoi un impôt pour ça ?…

Libre alors aux annonceurs d’avoir des chaînes commerciales. On peut même les encourager à reprendre cette idée vieille de 20 ans, de chaînes qui ne diffuseraient que de la publicité : allez-y, Messieurs, un peu de courage ! Ou alors serait-ce la démonstration que toute publicité vit au dépens du support qui l’exhibe et du contenu qui la supporte ?

Aujourd’hui on fantasme, comme dans les années 80, sur des solutions intermédiaires pour à la fois améliorer le système économique des contenus et modérer la voracité mercantile des annonceurs. Non, les affaires sont entendues. On risque en sauvegardant le service public de télévision de sauvegarder des programmes débiles singés du privé sous caution d’intérêt général.
Et, de toute façon, l’état de défiance à l’encontre du pouvoir est tel, que l’augmentation du moindre impôt ou la création de taxes, surtout pour un domaine qui tient du show-business, ne sera pris que pour une perfidie de plus, en forme de mesure vide ou d’usine à gaz.

Alors faut-il lutter pour une institution dont le but est de nous abrutir ?
Adieu la redevance.

Commentaires

La TV publique ne me manquerait pas non plus. Elle est devenue un vulgaire lieu d'exhibition, où l'on étale avec obscénité les fonds de poubelle les plus télégéniques, et où l'on censure les informations et les messages les plus riches. Bourdieu disait que les choix des programmes n'avaient "rien de l'expression démocratique d'une opinion collective éclairée."
Comment en est-on arrivés là? Encore un effet pervers du tyran de l'économie de marché?
La télé "lexomylsante" est dangereuse.
A bas les chaînes!
A bas la redevance!

Ecrit par : BB Dilett@nte | jeudi, 27 novembre 2008

v/article dans Marianne
Concernant la télé publique et la redevance.
Permettez-moi de vous approuver et de considérer avec vous que rien ne distingue les programmes débiles copiés collés de ceux que nous achetons aux américains de ceux que nous proposent les chaines privées.
On pourra toujours faire allusion à une chaine un peu particulière comme Arte pour justifier l'inqualifiable démagogie des tenants du "service public". Mais au bout du compte, les crétins que nous sommes sont au même régime, qu'il soit public ou privé.
Celui de l'intérêt particulier.

Ecrit par : René Nicolini | vendredi, 28 novembre 2008

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