jeudi, 20 novembre 2008

CRISE D'IDENTITÉ : DE NOS JOURS, ON NE SAIT PLUS COMMENT ON S’APPELLE.

À l’heure où le Parti Socialiste est vraiment coupé en deux (au bas mot) et où l’on s’aigaille en nombreux courants et partis, alors qu’un jour il faudra bien, au contraire, s’unir mais que cette union semble bloquée (ah malheur), alors on pourrait s’avancer un peu en se posant la question de que sommes-nous. Pour cela, peut-on trouver un mot, un nom pour nous qualifier. Comment nous appelons-nous ?
Définissons qu’il s’agit d’un mot d’actualité pour…


…qualifier le sous-ensemble des français qui subissent la politique actuelle et qui sont sensés vouloir que ça change demain, au point de voter ensemble, le jour venu, pour réaliser l’alternance. Un vocable sous lequel se regrouper, depuis l’extrême-gauche jusqu’au centre , comprenant les non-possédants avec les républicains et les démocrates, les restes de la gauche, les radicaux avec les modérés, ceux qui ont voté Ségolène Royal au 2ème tour avec les petits, les sans-grade et les énervés.

Au travail : (dans le désordre) on ne peut pas s’appeler les « pauvres » même si ce vocable à un certain avenir, car il y aura des classes moyennes flouées à rallier. On ne peut pas dire les « ouvriers » non plus. Ni les « prolétaires » au sens premier. Ça fait trop XXe siècle. Et deuxième phase du communisme. Le terme « employé » fait trop bureau, voire bureaucratie. Ensuite il y a « travailleurs » qui n’est pas mal. Mais malheureusement porte la marque de la caricature d’Arlette Laguiller.
La « France d’en bas » fait communication de fourbe, à la Raffarin-Chirac. Comment peut-on y croire ? Et ce n’est pas à l’adversaire de baptiser son opposant naturel. Il y a bien le « peuple »… C’est pertinent mais usé. Un peu trop Révolution française, comme « Tiers-état ». On pourrait dire les « citoyens » ou les « républicains » mais en fait cela correspond à ceux qui respectent seulement le système légal, non sans fierté parfois. Cela ne suffit pas pour construire une nouvelle équité. Car rappelons-le, le but de l’alternance politique n’est pas qu’un changement de dirigeants, mais un changement de politique ; sinon prenons un nom comme les Montaigu ou les Capulet, familles rivales dans Shakespeare : ou Gibelins contre les Guelfes dans le Florence de la Renaissance, pour de simples querelles de pouvoir. Et rappelons aussi que le beau terme de républicain fut galvaudé naguère par les Républicains Indépendants giscardiens – ah malheur ! – ainsi que le RPR qui fut « pour la République », beau contre sens. Et que dire du Parti Républicain américain, aujourd’hui ? Ah malédiction !

Alors, on pourrait s’appeler les « anti-sarkozystes » ? Trop réducteurs, pas assez politique. Le « tout-sauf-Sarkozy » n’a pas trop marché à la dernière présidentielle, dit-on.
Bon. Dans notre société du vrac, dans les romans à la mode, on trouve les « gens » . Terme minimalo-naturaliste qui a l’inconvénient de comprendre aussi les possédants, les passants, enfants ou vieux et les scrogneugneux. C’est comme le terme «le public ». Non. Ensuite, il y a « les petites gens ». Impossible ! Pourquoi pas la « canaille » non plus ? Sous l’Empire romain, on parlait de la « plèbe » (terme cité à l’occasion par Michel Onfray). Et dans la Grèce Antique, les « esclaves » qui était ceux qui travaillaient. Impossible non plus.

Il y a encore les « anti-capitalistes », terme qui fait son chemin, mais qui ne comprend pas les centristes et libéraux, partisans du système (hélas), mais indispensable pour l’alternance. Il y a eu récemment les « alter-mondialistes » qui se sont évaporés. Ah ce n’est pas facile !

Bien sûr, ce terme regroupent aussi les « exclus », les « immigrés économiques », les « sans papiers », les « sans logement », et les « sans travail », les « démunis ». Parties qui ne sont pas le tout, mais qu’il faut comprendre. Ainsi qu’en d’autres termes les « quidams », les « nécessiteux », les « pecnods », les « ploucs », les « mimiles » et les « gueux », les « manants », les « roturiers »… Que dire ?

Alors ne nous compliquons pas : disons la « gauche ». Soit en cartel, en union, en plurielle, en front populaire, aujourd’hui en « durable ». Mais le Modem a juré que ça n’existait plus. Donc pas de majorité sur le nom seul de « gauche ». Dire « le centre et gauche » et ce sera la gauche de gauche qui fera une crise. Que faire, disait Lénine ?.
Alors on pourrait-on dire : « ceux-qui-gagnent-moins-de-quatre-mille-euros-par-mois » ? C’est tout à fait majoritaire mais trop long. On ne va pas dire non plus les « moins 4000 » ! Ou les « QSP moins ». Ou, tenez, se regrouper sous un symbole, comme la coalition de l’Olivier. Bof, ça manque de politique tout de même et peut faire long feu. On ne peut se revendiquer d’une couleur : le noir, le rouge, le rose, le vert, l’orange ? Aujourd’hui, la couleur arc-en-ciel est proposée. Mais bon…

Allons, Français, encore un effort ! Il s’agira d’un nom regroupant une liste à la Prévert. Où le mariage de la carpe et du lapin est tenté. Ce qui est à priori impossible, mais si ces deux-là se regroupent sous le terme : les animaux, alors ils peuvent revendiquer leurs droits. Et nous voilà sauvé.
Et si l’on trouve un nom, ce sera peut-être comme un titre, il suffira d’écrire le livre qui s’en suit (de bons livres ont déjà été écris à partir d’un bon titre).
Ah, j’ai oublié : ce nom pourrait être celui d’une personne derrière laquelle on se regrouperait pour renverser les forces de droite. Un nom propre ! Oui mais lequel ?
Juste après l’élection de Sarkozy, des commentateurs avisés avaient judicieusement analysé que celui qui battrait Sarkozy en 2012 ou 2017, était encore un inconnu. Grande finesse d’analyse, le nom inconnu.

voir aussi cette tribune sur MARIANE2

Commentaires

Pourquoi diable ne pas réhabiliter ce beau terme : "Républicain". Car le républicanisme, ce n'est pas la préférence du régime du même nom contre la monarchie, en tout cas pas seulement. Le républicanisme est un courant de pensée politique aux racines profondes et solides. De Rome à la Renaissance à la Révolution au Radicalisme (entre autres !), le Républicanisme incarne un mouvement intellectuel et politique puissant et cohérent.

Point de rupture entre Anciens et Modernes : au cœur de la pensée républicaine, réside l'exigence de l'engagement. L'être humain n'est pleinement humain que dans l'activité politique, c'est-à-dire dans la citoyenneté. Le repli sur la sphère privée est certes nécessaire mais de manière temporaire, le temps de répondre aux exigences du processus vital, comme le dirait Arendt. Car l'épanouissement de l'individu ne se peut réaliser pleinement qu'au service de la cité. C'est ainsi que chacun gagne la seule liberté réelle possible : l'auto-nomie - se donner à soi-même sa propre loi dans la participation active à l'édification du monde commun.

Les Républicains peuvent aussi s'appeler entre eux citoyens ou humanistes civiques et se garder de perdre en chemin l'épithète parce que le véritable humanisme est nécessairement *civique*. C'est l'homme-citoyen que l'on met au centre de toute chose, l'homme libre (autonome), responsable, engagé et actif, et non cet homme avare, replié sur lui-même et ses intérêts privés qu'a minutieusement construit une pensée de la société exclusivement économiste comme paradigme de ce qu'elle ose appeler "l'homme moderne" en exaltant une liberté-jouissance antinomique de la sévère liberté-autonomie.

Alors non les Républicains ne sont pas morts. Ils sont là et se préparent.

Amitiés, citoyen !
m

Ecrit par : marsyas | vendredi, 21 novembre 2008

Bonjour,
On pourrait choisir pour nom "Résistance", face à un grand danger la meilleur façon de faire face est de résister.
Amicalement

Ecrit par : Bernard | vendredi, 21 novembre 2008

Récapitulatif des noms …dans les commentaires, (Marianne2) (par ordre d’apparition) : Les Résistants / l’Opposition / le Front National / le Parti Flou / le PSP Parti Sans Partri / / Les Masos / le Parti Cipatif / le Parti Sans Laissé D’Adresse / le Front Démocratique / Les Anticons / les HIP’s : Humanistes Intelligence Progrès / les Rien / Peuple Intelligent / / Les Sarkonistrés / La Gauche / Le Rue / Les Lucides / Front Commun d’Opposition / l’Interferon / Rassemblement des Névrosés / Le Front Populaire / Mouvement des Constituants Responsables MCR / l’Arche / Résistance civique / Les Capables / Les Sans-culottes / les Démocrates

Pour terminer ce tour d’horizon, il semble que RESISTANCE et DÉMOCRATE reviennent souvent dans les commentaires.

Ecrit par : Laurent Laurent | mercredi, 26 novembre 2008

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