samedi, 07 juillet 2007

REFONDATIONS

1)Ce que l’on veut à gauche, en politique politicienne, c’est un parti de gouvernement capable d’enlever le pouvoir à la droite. Le PS a seul cette vocation, pour l'instant. Ce parti de gouvernement (on va l'appeler le PS) doit être, au fond, un arbitre agissant de la politique et de la société. Ouvert d’un côté aux idées progressistes, sociales, écologistes, et de l’autre tempérant et rassurant en quelque sorte les conservateurs, la droite. Car il est illusoire de considérer qu’un éventuel gouvernement de gauche ne tiennent aucun compte de la droite. Ce qui assurerait par contre coup sa mise en échec et celle de la gauche ou des avancées de gauche...


... 2)L’analogie à droite est symétrique. Il faut qu'elle favorise son camp, mais sans provoquer la colère à gauche, des mouvements sociaux. Aujourd'hui, la droite semble refondée, elle sait ce qu'elle veut, autour d'un leaderchip, Sarkozy. Et de l'autre côté, finalement, tout le pays y compris la gauche (enfin beaucoup) aspire à avoir une droite républicaine qui donne des gages de ne pas tomber à l’extrême droite ou dans le néo-conservasime à l'Américaine (on verra). Merci aussi à cette droite de s'occuper au passage de l'extrême droite et de la contenir. C’est pour cela que la gouvernance actuelle, à son début, mélange de droite traditionnelle, libérale ou bonapartiste mais républicaine, est saluée par une majorité. Effectivement, si la droite se montre responsable et joue le role d'un interlocuteur valable vu de la gauche, c'est mieux. Ce n'est pas d'hier d'ailleurs puisque c'est ce qui s'est passé avec le vote Chirac, massif au 2ème tour de 2002, où la gauche a massivement voté pour lui. Et aujourd’hui, poursuivons, la gauche choisirait encore Sarkozy contre Le Pen. C’est un fait, je n'y peux rien.
Aujourtd‘hui, Sarkozy incarne pour l’instant et depuis peu, depuis son entrée en campagne en janvier, cette droite fréquentable. On ne pense plus qu’il va nous emmener au fascisme.
Premier résultat donc : ce qui prime avant la droite et la gauche, c’est la République.
3) Revenons à la gauche. A côté d'une sorte de PS de gouvernement, arbitre à qui l’on porte la majeure partie des voix (au 1er ou au 2ème tour), se trouve la gauche de la gauche. Minoritaire inéluctablement, elle n’est pas faite pour gouverner. Ou alors sur des postes locaux, secondaire et minoritaire. En revanche, c’est un partenaire essentiel. Une appui de voix, et un lieu de critique, de débat, de recherche avancée des idées. Actuellement, les Verts, Cohn-Bendit, la LCR, les entités les fondations Copernic, Attac et autres, les revues, les collectifs, ne représentent rien sinon l’expression, la création de nouveaux concepts et formes de politique. Là, la GDG peut se permettre d’avoir des positions radicales et utopistes, faute de gouverner, donc d'arbitrer.
Il est envisageable que le parti de gouvernement, le PS, favorise, écoute, collabore et même fasse travailler la gauche de la gauche. Et fasse un tri entre le conciliable et ce qui ne l’est pas. Pas encore, car les idées avancent. Voilà le schèma directeur de la gauche.
Refonder c'est partir de là. Et en finir avec l'éternelle rivalité stérile à la Chirac. Nous avons peut-être une chance.

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