jeudi, 24 mai 2007

À PROPOS DES MICRO-MANIFESTATIONS…

Devant l'éparpillement des initiatives et l'évolution de l'esprit collectif, il est temps de vanter le bien fondé d'actions qui ne regroupent qu'un petit nombre de participants : les micro-manifestations.
Si les grands rassemblements ne sont certes pas terminés, ils ne sont que le fruit de grosses productions politiques, d'appareils plus ou moins puissants. En revanche les rassemblements moyens, locaux ou bien ciblés 200 à 500 personnes sont en perte de vitesse. Crise de l'associatif. Les lendemains déchantent ? et peuvent même être contre productifs à cause de leur forme (déception, ringardisation, mal préparation…)
En revanche, des actions en petit nombre 10, 20, 30 peuvent s'avérer…


…assez efficace. Facile à organiser. Entre copains de circonstances.
— Il faut s'ôter de l'idée "qu'il faut être nombreux". Le plus nombreux possible. Non, ce n'est pas une condition. La première condition, c'est faire. Au départ, il faut être déterminé, conscient et disponible. Le nombre suivra… D'autant mieux, si l'action est pertinente et fait avec talent, c'est là l'important. Au besoin, les médias la relairont.

— Pour remplacer le sentiment de masse, on peut jouer sur la répétition à fréquence régulière. Un rendez-vous hebdomadaire à heure fixe par exemple. La fréquence pouvant, si elle est bien utilisée, remplacer le nombre et fédérer un groupe.

— ne pas regarder comment se détermine les autres. Se déterminer selon ses convictions, ses principes, ses envies. Retrouver une spontanéité.

— Se fier aux apparences. Être soupsonneux est souvent inutile. À force, on finit par être de plus en plus divisé et par perdre. Sans toutefois être trop naîf, il convient de se tenir aux messages qui se dégage. Réfléchir dans quel sens va l'action.
Dans des micro-manifestations, il est facile de se parler, de rentrer en contact, donc de voir, de décrypté les discours des participants et ce qui se passe.

— Il faut que la micro-manifestation soit simple et claire. Ne pas chercher à y être infallible. Un détail ne doit pas bloquer, si ce n'est qu'un détail. Cela masque souvent des rivalités, des susceptibilités.

— Réaliser des actions plastiques. Pour cela, les procédures d'art, les performances, les expositions sont une forme tout à fait valable. En ballade, au coin des rues. Réalisations plastiques, forme d'humour, de dérision, maniement des symboles, son ou image…

— Oubliez la révolution et l'infléchissement du pouvoir. Une action a plus de chance d'influer sur le cours des choses, si elle n'affiche pas cela comme but. Le but, c'est faire entendre sa voix. Le temps n'est plus où le populo de Belleville partait en cortège pour renverser le gouvernement à la Chambre (années 1840). On voit encore des exaltés rechercher l'affrontement avec le pouvoir, ce qui n'est autre qu'un affrontement avec la police, un exutoire.

— En petit nombre, les actions gagnent à s'identifier à des actions symboliqiues, artistiques. Faire un geste à un petit nombre. Si les débats sont encore possibles, les rendez-vous où à quelques uns : réaliser une image.

— La prise de parole, le témoignage, la déclaration doivent se faire. C'est la garantie de bonne presentation. L'organisation de l'action doit être visible. Qu'est-ce qui se passe et pourquoi ? Il faut être formel.

Les commentaires sont fermés.